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Procès libyen: à la "souffrance" des victimes, Sarkozy oppose la "vérité" de son innocence
information fournie par AFP 07/04/2026 à 13:26

Nicolas Sarkozy arrive au palais de justice de Paris le 7 avril 2026  ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Nicolas Sarkozy arrive au palais de justice de Paris le 7 avril 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Nicolas Sarkozy a entrepris mardi de répondre devant la cour d'appel de Paris à "la souffrance" des familles de victimes de l'attentat du DC-10 d'UTA, clamant "la vérité" de son innocence dans l'affaire d'un financement libyen présumé de sa campagne présidentielle victorieuse de 2007.

Depuis l'ouverture du procès à la mi-mars, l'ex-chef de l'Etat (2007-2012) était resté sur la réserve, dans une attitude tranchant avec celle du procès en première instance, où on avait pu le voir prolixe et bouillonnant.

Au premier jour de son interrogatoire, qui pourrait s'étendre sur quatre journées au total, sobre et précis, il a répondu de manière détaillée à chacune des questions du président Olivier Géron, mais avec beaucoup moins de verve, laissant parfois percer une certaine fatigue.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, le magistrat l'a invité à réagir aux témoignages de proches des victimes de l'attentat du DC-10, qui ont dénoncé la semaine dernière à la barre "le déni" et "le mensonge" des prévenus.

Nicolas Sarkozy est notamment soupçonné d'avoir laissé ses plus proches collaborateurs, Claude Guéant et Brice Hortefeux, négocier fin 2005 un financement de sa campagne présidentielle avec un haut dignitaire libyen, Abdallah Senoussi, condamné à perpétuité pour avoir commandité cet attentat qui, en 1989, avait coûté la vie à 170 personnes, dont 54 Français, au-dessus du Niger.

A la place des parties civiles, "j'aurais eu la même colère, le même chagrin", a déclaré, grave, le prévenu. "C'est impossible d'avoir une réponse à la hauteur des souffrances qui ont été exprimées", a-t-il ajouté. "En dire trop c'est de la comédie, en dire pas assez c'est être insensible."

- "Injustice" -

Carla Bruni-Sarkozy (C), l'épouse de Nicolas Sarkozy, arrive au palais de justice de Paris le 7 avril 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

Carla Bruni-Sarkozy (C), l'épouse de Nicolas Sarkozy, arrive au palais de justice de Paris le 7 avril 2026 ( AFP / Kenzo TRIBOUILLARD )

"On ne répond à une souffrance aussi indicible que par la vérité" mais "on ne répare pas une souffrance par une injustice: je suis innocent", a-t-il répété, sous les yeux de son épouse Carla Bruni-Sarkozy, venue pour la première fois à ce procès qui doit s'achever fin mai.

"La vérité c'est qu'il n'y a pas un centime d'argent libyen dans ma campagne", "la vérité c'est que jamais, jamais, je n'ai promis ou agi en faveur de M. Senoussi", qui était en quête d'une grâce ou d'une amnistie après sa condamnation, a encore martelé l'ex-président, rappelant son rôle moteur pour mettre en place une coalition internationale qui a contribué à la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011.

Puis le président de la cour commence à l'interroger sur les prémices de sa campagne présidentielle de 2007 et ses relations avec deux protagonistes clés de l'affaire, les intermédiaires franco-libanais Ziad Takieddine - décédé en septembre dernier - et franco-algérien Alexandre Djouhri. Il évoque aussi ses relations exécrables avec son rival à droite, Dominique de Villepin.

Nicolas Sarkozy arrive au palais de justice de Paris le 7 avril 2026  ( AFP / Thomas SAMSON )

Nicolas Sarkozy arrive au palais de justice de Paris le 7 avril 2026 ( AFP / Thomas SAMSON )

En première instance, le tribunal correctionnel a relaxé Nicolas Sarkozy de trois des quatre infractions pour lesquelles il était jugé, mais condamné pour association de malfaiteurs à cinq ans de prison ferme avec exécution provisoire - ce qui lui a valu d'être incarcéré une vingtaine de jours avant d'être libéré sous contrôle judiciaire. Une première pour un ancien président de la République.

Les juges ont estimé que le financement libyen de la campagne électorale de 2007 n'était pas établi, malgré l'envoi corroboré de 6,5 millions d'euros par la Libye en janvier et novembre 2006. Pour les magistrats, il n'a pas été apporté la preuve que ces fonds ont effectivement atterri dans les caisses de la campagne de Nicolas Sarkozy.

- Rendez-vous secrets -

Toutefois, ils ont jugé que Nicolas Sarkozy avait effectivement laissé Claude Guéant et Brice Hortefeux démarcher le pouvoir libyen en ce sens à l'occasion de rendez-vous secrets en Libye fin 2005 avec Abdallah Senoussi, directeur des renseignements libyens.

L'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux le 16 mars 2026 au procès en appel de Nicolas Sarkozy dans l'affaire du financement libyen, à Paris  ( AFP / JULIEN DE ROSA )

L'ex-ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux le 16 mars 2026 au procès en appel de Nicolas Sarkozy dans l'affaire du financement libyen, à Paris ( AFP / JULIEN DE ROSA )

A ce nouveau procès, la cour d'appel n'entendra pas Claude Guéant, qui selon une expertise médicale "n'est pas en capacité de comparaître".

Elle a en revanche pu interroger Brice Hortefeux. L'ex-ministre, qui s'est exprimé trois jours durant à la barre où il a souvent semblé en difficulté, a maintenu avoir été piégé par Ziad Takieddine et assuré qu'il n'avait absolument pas été question de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy lors de cette entrevue avec le dignitaire libyen.

1 commentaire

  • 11:54

    On peut reprocher beaucoup à Nicolas SARKOZY, notamment de ne pas avoir respecté son projet de la campagne présidentielle de 2007 ,mais certainement pas d'avoir une quelconque responsabilité dans cet attentat qui, en 1989, avait coûté la vie à 170 personnes, .La souffrance ne doit pas servir d'alibi pour nuire. Il y a des cas ou la responsabilité de politiques de gauche est directe ,certaine ,et ces personnes ont continué à squatter des postes à fort pouvoir (de nuisance).


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